Productions

Pueblo
2020

Ascanio Celestini / David Murgia

C’est l’histoire d’une clocharde qui ne fait pas la manche
Et d’un gitan de huit ans qui fume,
L’histoire d’une tenancière de bar
Qui gagne sa vie avec les machines à sous.
C’est l’histoire d’un manutentionnaire africain
Et d’une poignée d’autres personnes dont on ne connaît pas le nom.
C’est l’histoire des cent mille africains morts au fond de la mer.
C’est l’histoire d’une jeune dame caissière au supermarché
Et de toutes les personnes qu’elle rencontre.
Ceci est l’histoire d’un jour de pluie.

Un supermarché, un parking, un entrepôt… C’est partout où vivent les déclassés à la périphérie des regards. L’acteur-narrateur ouvre ses rideaux, observe par la fenêtre, et dit tout d’un monde imaginé d’invisibles, de tribus d’oubliés, de laissés-pour-compte. Dehors, là-bas, il y a une clocharde qui ne fait pas la manche ; une caissière qui se rêve en reine et le devient ; un gitan de huit ans qui fume ; la tenancière d’un bar qui surveille ses machines à sous… Pueblo déploie la vibrante légende des dépossédés. L’écrivain italien Ascanio Celestini et l’acteur belge David Murgia dépeignaient déjà le monde des cyniques dans Discours à la nation, ils dressaient un portrait caustique du sous-prolétariat dans Laïka. Ici, même parole rapide, flot nerveux de portraits truculents. Poème virevoltant sur les musiques à l’accordéon de Philippe Orivel, Pueblo convoque les anges et les lucioles d’une humanité flamboyante.

Ascanio Celestini, véritable jongleur de mots, passé maître dans l’art de récolter et de raconter des histoires, et David Murgia, bien connu pour transcender avec énergie et justesse les mots des auteurs qu’il porte, les récits des plus délaissés de notre société, de ces humbles au destin brisé, ofrent une dimension politique, à la fois crue et poétique, humaine et magique.

 

Je ne suis pas quelqu’un qui a étudié mais moi je crois que 

Le voyeur regarde les gens parce qu’ils veut savoir ce qu’ils font

Alors que le poète, peut-être qu’il veut juste l’imaginer.

Peut-être. Ou alors, ça c’est juste l’histoire d’un jour de pluie.

Le narrateur regarde par la fenêtre d’en face, de l’autre côté de la rue. Il y a deux femmes derrière cette fenêtre. Une vieille et une jeune. Et il imagine : La vieille, c’est la mère. La jeune c’est la fille. Elle s’appelle Léonor. Elle est caissière au supermarché. Elle a trimballe son père mère en poche. Un fantôme de poche. Le soir, quand elle rentre à la maison, elle traverse le parking, et elle croise Dominique, la clocharde qui ne fait pas la manche sur le parking du supermarché. Domonique lui raconte toute sa vie. Son passé, son présent et son futur. Elle lui dit qu’elle a eu un amour, il y a longtemps. il s’appelait. Il travaillait comme manutentionnaire dans le grand entrepôt, jusqu’à ce qu’on le renvoie dans son pays. Le Samedi soir, Said le passait au bar, devant les machines à sous. Dans le bar, il y a la dame qui compte les jetons, celle qui tient le bar. La Dame des machines à sous. Et devant la porte du bar, il y a la gitan de huit ans. Qui fume. Il y a aussi une policière sympathique et un couillon à qui elle vole le portefeuille. Une assistante sociale et un tapissier qu’il faut appeler chevalier. Il y a les bonnes soeurs, les clients sujets du supermarché, et les morts qui traversent le ciel et la terre, rejoignent l’eau de la mer, et produisent ce son extraordinaire que l’on peut entendre à 20.000 kilomètres de la terre, sur la ceinture de Van Allen.
Parce que ça, c’est l’histoire d’un jour de pluie.

« L’écriture bondissante d’Ascanio Celestini, le jeu haletant et désarmant de David Murgia, les digressions humoristiques, les personnages truculents, l’accompagnement musical endiablé de Philippe Orivel : tout cela nous aimante à un spectacle sur lequel il pleut, certes, mais de ces pluies qui vous lavent un bon coup. » Le Soir
« Si Pueblo évoque la situation générale par des éclairs noirs (licenciements abusifs, immigrés noyés, misères), Celestini prend le parti d’en sourire pour mieux y réfléchir et fait appel à la poésie [...]. C’est le choix jouissif, salutaire mais très politique, que posaient déjà Celestini et Murgia dans Discours à la Nation et Laïka. » La Libre
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Un spectacle de Ascanio Celestini et David Murgia Texte et mise en scène Ascanio Celestini Avec David Murgia et Philippe Orivel (accordéon, piano) Traduction Patrick Bebi Adaptation David Murgia Voix-off Diego Murgia Composition musicale Gianluca Casadei Régie Philippe Kariger Production Kukaracha Coproduction Théâtre national Wallonie-Bruxelles, L’Ancre Charleroi, Théâtre royal Mars Mons Arts de la scène, Festival de Liège, Théâtre de Namur, Théâtre Jean-Vilar Vitry-sur-Seine, Festival Mythos Rennes, Théâtre Joliette Marseille Avec le soutien de Wirikuta ASBL

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