ProductionsL’âme des cafards2014
David Murgia

Mesdames et Messieurs, Très honorés membres de l’assemblée,
Aujourd’hui il faut éliminer. Il n’y a plus de temps à perdre, il faut faire des sacrifices.
« There Is No Alternative »
C’est ça l’histoire qu’on se raconte.
C’est important les histoires qu’on se raconte.
Les histoires qu’on se raconte, Mesdames, Messieurs, Très honorés membres de l’assemblée,
sont de la plus haute importance.
Elles sont capitales.
C’est l’histoire de José-Antonio, qui porte son nom en hommage aux mines de San José et de San Antonio.
C’est l’histoire d’un chercheur de dinosaures.
C’est l’histoire de bons chômeurs qui trouvent et de mauvais chômeurs qui ne trouvent pas.
L’histoire de l’ascenseur entre le charbon et la sidérurgie.
C’est l’histoire de cafards qui envahissent les caves de l’immeuble,
s’infiltrent à travers les mailles et envahissent nos quartiers.
C’est l’histoire des histoires qu’on se raconte.
Celles de surnuméraires, d’inactifs, d’inutiles, de poids morts,
de cafards dans les fissures de l’ordre économique et social
et du déploiement de politiques d’activation et d’exclusion.
C’est l’histoire d’un chercheur et d’une disparition.
Celle de la classe ouvrière et des dinosaures.
« On dit du cafard que c’est l’espèce vivante la plus résistante au monde, capable de survivre à n’importe quelle catastrophe. Même décapitée, la bestiole continue de vivoter. Mais c’est oublier une autre race, celle des artistes, tout aussi résiliente, apte à survivre dans des conditions de plus en plus extrêmes. Certes, on ne leur coupe pas la tête, mais l’époque décapite une bonne partie de leur habitat naturel, la culture. Coupes dans les budgets, réformes du statut d’artiste, économies à tous les étages : si la Belgique n’est pas (encore) la plus mal lotie sur le terrain européen, l’époque n’invite pas à considérer les artistes comme une espèce protégée. » Catherine Makereel, Le Soir
« Quand sous la pression, les murs se resserrent, les gens se montent les uns sur les autres ». David Murgia a profité des salles d’attente de l’Onem et d’Actiris pour rédiger quelques courts textes sur les absurdités administratives de sa situation de comédien. À l’invitation d’XS et de la SACD, David Murgia entame pour la première fois un projet d’écriture pour la scène. Des fissures de l’ordre économique et moral au déploiement des politiques d’activation et d’exclusion, surgissent les questions du chômage et de l’emploi, de la pêche et de la bûche, des dinosaures et des cafards…
Des fissures de l’ordre économique et social au déploiement des politiques d’activation et d’exclusion des chercheurs d’emplois, David Murgia fait apparaître toutes les absurdités administratives d’un monde de plus en plus kafkaïen.






